🎧 Cet été, en écoutant plusieurs épisodes de mon podcast préféré du moment (Méta de Choc), j’ai découvert Albert Moukheiber, psychologue et docteur en neurosciences cognitives. Je trouve qu’il a un talent tout particulier pour vulgariser les travaux scientifiques et apporter une vision un peu différente des discours qu’on nous sert habituellement. Si je devais te conseiller quelques épisodes de podcast, en voici deux qui m’ont particulièrement parlé : émotion et rationnalité, et manipulation et développement personnel en entreprise.

📕 Rien de surprenant donc, je me suis précipitée sur son livre “Votre cerveau vous joue des tours”, qui parle entre autre des biais cognitifs de manière très accessible . Il nous explique comment notre cerveau fonctionne et aborde pas mal de sujets le concernant, dont les biais cognitifs. Ce dernier me parle particulièrement, car pour mieux comprendre comment formuler des objectifs et travailler dessus, il me semble nécessaire de connaître les tours que notre cerveau peut nous jouer. Et comment utiliser ces tours à notre avantage. C’est un peu l’histoire de l’arroseur arrosé, et j’adore ce genre d’histoire !

🧠 Tu es prête à partir à l’assaut de ton cerveau ? C’est partiiiii !

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Sommaire

  1. Les biais cognitifs, c’est quoi ?
  2. Le biais d’actualisation hyperbolique
  3. Le biais fondamental d’attribution
  4. Le biais de notoriété
  5. Le biais de confirmation
  6. Le biais d’impuissance acquise
  7. Le mot de la fin ?

🤔 Les biais cognitifs, c’est quoi ?

🧠 Avant de parler de biais cognitifs, posons quelques bases. L’auteur nous explique que nous appréhendons le monde avec notre cerveau. Nos sens constituent les récepteurs de toutes les informations extérieures, et notre cerveau va traiter toutes ces informations qui lui parviennent sous forme de signaux électriques.

Ton cerveau a un nombre absolument énorme de signaux électriques à traiter à chaque seconde de ta vie. Et il fait au mieux pour en traiter un maximum rapidement et faire en sorte que sont interprétation des signaux reste cohérente avec ta vision du monde. Pour traiter tout ce petit monde, il est obligé de faire des raccourcis, de fonctionner par approximations et suppositions.

🤓 J’ai noté une phrase que je trouve très intéressante et sur laquelle je te propose de t’arrêter une minute : “Nous ne voyons pas le monde tel qu’il est, mais plutôt tel que nous sommes”. Cette affirmation, qui semble au premier abord plutôt philosophique, a été confirmée par des travaux en sciences cognitives. Elle nous apprend que notre interprétation du monde nous façonne psychologiquement, culturellement et socialement.

⚙️ Je ne peux pas m’empêcher de faire le lien entre cette affirmation et un autre sujet qui me tient à cœur : les croyances que l’on a sur nous et sur le monde, qui nous empêchent parfois d’avancer et de passer à l’action. C’est un sujet assez récurrent dans ma vie, je t’en parlais dans mon précédent article de blog sur le livre Mindset, j’en parle également dans ma formation sur les raisons d’être et les objectifs, et je suis persuadée que c’est en questionnant ses propres croyances qu’on arrive à être un peu plus libres et un peu plus sereines.

Pour en revenir au cerveau, il fonctionne donc par approximations, et ce mécanisme est juste vital. Tu te doutes bien que ton cerveau ne peut pas traiter consciemment toutes les informations qui lui parviennent, ces mécanismes sont donc là pour l’aider, et le libérer d’un peu de charge de travail.

🔮 Un des mécanismes de raccourci du cerveau est le pouvoir d’anticipation, qui est une forme d’approximation, et qui consiste à formuler une prédiction sur l’avenir à partir de tes observations et de tes connaissances sur le monde. Tu sais que si tu lâches le verre que tu as dans la main, il va tomber et certainement se casser sur le sol. Donc, si le verre t’échappe des mains, automatiquement et sans réfléchir, tu vas esquisser un geste pour le rattraper. Ce n’est qu’un exemple, mais tu comprends qu’on anticipe toutes plus ou moins à tout moment, et je pense que tu te rends bien compte que la plupart du temps, ça fonctionne pas trop mal, mais il peut bien entendu y avoir des couacs ! Ca arrive, et c’est normal !

📗 Dernière étape avant d’arriver aux biais cognitifs : je vais te parler d’une notion que j’ai découverte dans ce livre, qui est la notion d’heuristique. En fait, une heuristique, c’est une action ou une pensée qui est spontanée, qui est quasi instantanée, et qui est également approximative. Les heuristiques sont également vitales pour le cerveau, car elles permettent de composer avec les limites de l’attention et des facultés cérébrales. Tout comme l’anticipation, il peut y avoir des couacs avec les heuristiques, puisqu’on est dans de l’approximation. Ces derniers peuvent mener à des erreurs de jugement ou des interprétations illogiques ou irrationnelles, et dans ce cas, on appelle ça des biais cognitifs.

💡 Donc, pour résumer, une heuristique, c’est une sorte de raccourci que ton cerveau prend lorsque tu dois prendre une décision rapidement. Un biais cognitif, c’est quand l’heuristique te conduit à faire des erreurs. Il existe des centaines de biais cognitifs, et on va en évoquer quelques uns ici, parce que leur connaissance peut te permettre de prendre conscience des tiens.

Je te préviens juste sur le fait que le fait de connaître tes propres biais n’est pas non plus magique : ce n’est pas pour ça que ton cerveau va arrêter de faire des raccourcis. S’ils sont présents, c’est que la plupart du temps, ils jouent pour toi et ta survie. Par contre, le fait d’en avoir conscience peut t’aider, dans un premier temps, à analyser a posteriori des situations que tu as vécue, et éventuellement, avec de l’entraînement, reconnaître de plus en plus vite ces moments où ces raccourcis ne jouent pas en ta faveur. Et, éventuellement, rattraper le coup ou essayer d’agir différemment la prochaine fois.

🍬 Le biais d’actualisation hyperbolique

Le premier biais dont je vais te parler, en fait je te l’ai déjà présenté dans cet article de blog sur les objectifs SMART. C’est le biais d’actualisation hyperbolique, qui t’informe que tu préféreras une récompense immédiate (même petite) plutôt qu’une récompense ultérieure plus importante. Le cerveau va avoir tendance à choisir la satisfaction immédiate, c’est notamment pour cela que je te conseille, lorsque tu travailles sur tes objectifs, de découper tes gros objectifs en tout petits sous-objectifs que tu vas pouvoir traiter rapidement. Le fait de finaliser régulièrement des petites tâches va t’apporter beaucoup de satisfaction, et va donner un shot de dopamine à ton cerveau, ce qui va t’encourager à continuer. Ca, c’est ce qu’on appel du hacking, ou du piratage, de cerveau !

👩‍⚖️ Le biais fondamental d’attribution

Celui-ci est très fréquent ! Il t’informe que, de manière générale, tu vas juger les autres sur leurs actes, alors que lorsque viendra le moment de te juger toi-même, tu vas plutôt te concentrer sur tes intentions. Il se peut très bien que tu agisses de la même manière que des personnes que tu vas critiquer pour ces actes en particulier, mais de ton côté, tu te justifieras en disant que ce n’est pas la même chose, car TOI, tu avais telle intention lorsque tu as agis. Dans ces cas-là, tu es en plein dans le biais fondamental d’attribution. Pour aller au delà de ce biais, poses toi régulièrement la question “est-ce que je suis en train d’interpréter les intentions de cette personne ?” quand tu sens pointer un jugement.

🤩 Le biais de notoriété

Si une personne est connue ou revêt une certaine autorité à tes yeux, son opinion aura plus de valeur que si elle avait été émise par une personne que tu ne connais pas ou même que tu n’aimes pas. L’image que tu as de la personne, et la perception que tu as de sa notoriété, vont faire que tu vas accueillir ses idées avec plus ou moins de bienveillance ou de crédulité.

A titre d’application de ce biais que je peux constater dans ma vie d’infopreneuse, je te conseille de faire attention lorsque tu es particulièrement emballée par un produit, un livre, une formation conseillés par une personne que tu admires professionnellement. Prend toujours le temps de réfléchir, de poser les pour et les contre, de voir si, au bout d’une semaine, tu as toujours autant envie de suivre ses conseils, bref, prends de la distance avec la personne pour prendre tes décisions.

✅ Le biais de confirmation

Celui-ci est également très fréquent. Il t’informe que tu vas privilégier les informations venant confirmer tes idées… et que tu vas amoindrir ou rejeter les informations qui viennent les contredire. Ce qui amène à avoir une résistance au fait de changer d’avis. On rencontre énormément ce biais lorsqu’il est question de croyances. Beaucoup de personnes qui croient (en des pratiques new age comme la loi de l’attraction, pour ne citer qu’un exemple que l’on rencontre beaucoup dans le milieu de l’entrepreneuriat, mais les croyances en question peuvent être de nature très diverse) vont aller chercher des sources pas toujours (jamais ?) fiables pour confirmer leurs croyances. Ou présenter des preuves anecdotiques toujours pour venir confirmer leurs croyances et les justifier. Pour questionner ce biais, la pensée critique semble être un bon processus à mettre en place. Je n’en parlerai pas plus dans cet article, car au moment où je l’écris, je commence à peine à m’intéresser au sujet et à faire des recherches, mais compte sur moi pour te faire des retours sur la pensée critique d’ici peu !

😞 Le biais d’impuissance acquise

Ce biais provient du découragement que peut susciter la répétition de situations désagréables dont nos efforts ne permettent pas de sortir, ce qui nous conduit à ne plus rien tenter pour faire changer les choses.

🧮 Un exemple bien connu, qui est le fameux “mais je suis nulle en maths, donc ça ne sert à rien que j’essaie de faire X ou Y”. Tu comprends, ici, que tu as une croyance, qui est certainement basée sur une ou plusieurs expériences vécues, mais tu as décidé que cette croyance fait partie de toi, qu’elle est immuable, et tu ne tentes rien pour la faire changer.

Pour “contrer” ce biais dans les situations où tu souhaites le faire, je te renvoie vers un précédent article de blog sur le livre “Mindset” de Carol Dweck, qui te donne une méthode pour changer ton état d’esprit et aller au delà de ce blocage.

👆 Le mot de la fin ?

Comme je te l’ai dit, il existe des centaines de biais cognitifs. L’idée n’est pas de tous les énumérer ici, cela n’aurait aucune utilité, mais rien que le fait de savoir qu’ils existent et de commencer à te concentrer sur certains d’entre eux dans ta vie de tous les jours peut t’aider à aller au delà des automatismes, et éventuellement les faire changer pour coller avec la personne que tu souhaites être.

Je termine sur une phrase tirée du livre que je trouve très à propos pour clôturer cet article en beauté :

“Les biais cognitifs ne sont absolument pas positifs ou négatifs. Ils sont CONTEXTUELS. Plutôt que de les combattre, il serait plus intéressant d’apprendre pourquoi ils émergent dans certaines situations”.

Je te laisse méditer là-dessus !

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* Un laboratoire ???
Tout à fait ! J’aime bien m’imaginer comme une scientifique explorant les tréfonds du cerveau des solopreneures. Je considère ma newsletter comme un journal de bord relatant les questions que je me pose, les réponses que je trouve, les ressources que je teste et que je crée (que je t’enverrai d’ailleurs en avant-première ici) pour que tu puisses à ton tour les tester et voir si elles te conviennent !

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